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Les côtés sombres des hypersensibles

Jetons un coup d'œil aux petits côtés sombres des personnes hypersensibles. Surpris que nous ayons des côtés sombres ? Pourquoi devrions-nous ? Nous ne sommes pas parfaits même si on a l’air. Et ici, je plaisante vraiment. C'est un petit sarcasme sur l'un des côtés obscurs des ultrasensibles, qui est de se considérer supérieur parfois, mais j'y reviendrai plus tard. Bien sûr, comme tout le monde, nous avons des traits négatifs et d'autres aspects que je qualifierai surtout d'inconvénients. Alors regardons-les ! Il n'y en a que 13… pas trop mal et un chiffre porte-bonheur… mais j'ai juste énuméré les plus évidents !

côtés sombres des hypersensibles
Les côtés sombres des hypersensibles

1. L'auto célébration qui peut ressembler à un sentiment de supériorité

En dehors de la communauté scientifique, la description des hypersensibles répandue sur le web sort trop souvent d'un conte de fées. Nous sommes presque décrits comme des sortes d'anges sur terre, perdus dans ce monde cruel et insensible, envoyés ici pour le sauver, comme une petite armée ailée ! Je ne réfute pas que les hypersensibles apportent certainement des qualités de grande valeur et un peu de lumière dans ce monde, mais là où il y a de la lumière, il y a aussi des ténèbres. Et pour garder mon authenticité sous contrôle, je ne suis pas exempte de cette auto célébration parfois, vous le sentirez en lisant mes différents articles. Je revendique haut et fort mon hypersensibilité et je suis très reconnaissante d'être née ainsi. Je pense aussi que le monde gagnerait à mettre l'accent sur la sensibilité des gens plutôt que de la voir comme une faiblesse.

Mais pour en revenir au sujet, ne tombons pas dans le piège de nous sentir supérieur à cause de notre joli trait de caractère. Cela ne fait aucun bien à la communauté des hypersensibles, bien au contraire. A mes yeux, c'est rejouer la carte de la division qui a été un jeu dangereux ces dernières années dans tous les domaines, et qui met notre société en péril. Mais malheureusement on le voit partout. Au lieu de cela, soyez conscient des ombres de votre propre personnalité pour ne pas les laisser vous saboter.


2. Un énorme inconvénient… être submergé facilement.

En raison de leur sensibilité sensorielle et émotionnelle, les hypersensibles sont plus susceptibles de se sentir dépassés dans de nombreuses situations, et peuvent être littéralement submergés par des circonstances quotidiennes, pourtant courantes comme certains bruits, une charge de travail excessive, une odeur particulière ou lorsqu’ils sont au milieu d’une foule par exemple. Ces situations peuvent être un catalyseur et déclencher certains récepteurs dans leur cerveau. Ces effets ont été prouvés par l’imagerie cérébrale. En effet, en scannant le cerveau des ultrasensibles, les chercheurs ont remarqué une plus grande activité dans certaines aires de leurs cerveaux impliquées dans l'empathie affective, au niveau de l'insula et du cortex limbique. Ces personnes paraissent avoir besoin de moins d'informations sensorielles que la moyenne pour réagir. Cela pourrait expliquer qu'un hypersensible soit plus sensible à un bruit, par exemple, qu' une personne à sensibilité moyenne. D'autre part, et c’est vraiment le seul élément qui semble faire consensus dans le milieu scientifique, le mécanisme de mimétisme qui s’appelle « zones miroirs » (qui existe chez tout le monde), est plus intense chez les personnes hypersensibles.

Donc ces tests mettent en évidence que les hypersensibles ont une capacité à surréagir émotionnellement par rapport à un stimulus donné, et par rapport à une moyenne dans la population. C’est donc ces déclencheurs uniques et personnels qui augmentent leur niveau de stress, les faisant se sentir mentalement et même physiquement épuisés.

Les côtés sombres d'être submergé peuvent déclencher la panique, des crises de colère, des douleurs physiques somatiques de toutes sortes, mais cela peut aussi conduire à la procrastination et même à une perte de concentration. L'autre problème est que ce sentiment d'être submergé peut se prolonger assez longtemps, et devenir un problème plus important qui perturbera leur production et leur concentration. Et par conséquent, cela conduira également les hypersensibles à se sentir coupables, impuissants et faibles de ne pas pouvoir fonctionner à leur pleine capacité. Cela finira par les amener à l'épuisement qui touchera toutes les aires de leur vie, professionnelle et personnelle.


3. Les hypersensibles sont des éponges émotionnelles.

Être extrêmement sensible à leur environnement signifie que les hypersensibles sont des éponges émotionnelles, et prennent en charge les émotions des autres, comme si les leurs ne suffisaient pas déjà! Ainsi, si par exemple, leur collègue s'est réveillé du mauvais côté du lit, si leur partenaire s'est retrouvé dans un embouteillage et est rentré nerveux à la maison, ou si quelqu'un dans sa journée a montré une sorte de tristesse ou de frustration, cela peut complètement transformer l'humeur des hypersensibles, et gâcher leur journée.

Lorsque vous essayez constamment de gérer non seulement vos propres émotions, mais aussi l'humeur des autres, c'est un énorme fardeau à porter et une recette pour succomber à l'épuisement mental. Cela peut vraiment être assez gênant, difficilement gérable et très difficile à assumer ! Et malheureusement, même pour les hypersensibles les plus résilients, cela peut faire de leur vie un labyrinthe de facteurs de stress inutiles, et dicter leur humeur actuelle.


4. Le côté obscur de l'empathie

L'empathie est l'une des grandes caractéristiques associées à l'hypersensibilité. L'empathie est indéniablement une très belle qualité, car elle nous donne la capacité de nous mettre à la place des autres, et de ressentir leurs sentiments et leurs émotions. C'est comme une antenne satellite qui capte les vibrations émotionnelles voire physiques des autres, même si parfois celles-ci sont supprimées par l'autre personne.

En coaching et en thérapie, c'est un « outil » très précieux pour le praticien car il va lui permettre de ressentir les parties inconscientes ou exilées du client. Ainsi, le coach pourra aider le client à prendre conscience de ces parties perdues, refoulées ou oubliées et l'aidera à les accepter et à les réintégrer. Dans ce schéma, l'empathie émotionnelle nous communique cette information. L'empathie émotionnelle est souvent déclenchée par l'effet miroir de nos neurones (du même nom, neurones miroirs) qui reconnaissent en nous, à un certain niveau, un ressenti émotionnel brut, immédiat et "instinctif".

Mais l'empathie a aussi un niveau cognitif qui est tout aussi important et précieux, et que nous aborderons tout de suite plus bas.


Mais avant cela, prenons d'abord un exemple très simple: Vous rencontrez quelqu'un pour la première fois et immédiatement, sans raison particulière, si ce n'est que cette personne vous semble avoir un comportement un peu étrange et hostile, vous ressentez de l'antipathie à son égard, peut-être même de l'aversion. Votre réponse immédiate sera donc de garder vos distances et d'éviter tout contact. Dans ce contexte, votre empathie émotionnelle vous a signalé une forme de rejet et un sentiment défavorable, votre empathie n'aura donc aucune prise sur vous, car aucun effort ne sera fait de votre part pour "établir le contact". Intellectuellement, vous bloquez cette personne et, dans le pire des cas, vous pouvez même être en mode “jugement” et “condamnation” immédiatement.

Imaginons maintenant un autre scénario... Même personne, mêmes sentiments négatifs mais dans un autre contexte, où immédiatement après être entré en contact avec cette personne, vous apprenez qu'elle a subi de terribles traumatismes qui l'ont rendue plutôt désagréable et inaccessible à première vue. Quelle sera votre réaction alors ? L'antipathie et l'aversion ressenties dans le premier scénario seront immédiatement remplacées par la compassion et l'empathie. Et cette empathie est cognitive.

Grâce à elle, l'empathie prend une autre dimension qui nous offre une réelle capacité de discernement, et élargit le cercle restreint de notre contexte personnel et de nos conditionnements. De ce fait, comme dans l'exemple ci-dessus, nous sommes capables de reconstituer par la pensée le contexte de vie de personnes totalement différentes de nous, et ainsi au lieu de les juger, voire de les condamner, nous aurons à nouveau accès à notre empathie émotionnelle à travers le cognitif.

Dans le même ordre d'idées, notre empathie cognitive peut également nous avertir si nous tombons dans notre propre piège, consistant à accorder notre empathie émotionnelle à quelqu'un qui ne la mérite pas, ou qui l'utilise même contre nous pour nous manipuler.


L'empathie émotionnelle a donc ses inconvénients si nous en abusons. Si elle est dirigée exclusivement vers nos proches, cela peut nous conduire à une forte aversion pour toute personne extérieure à notre entourage immédiat. Ce sentiment d’aversion primaire doit être complété et corrigé par l'empathie cognitive, afin d'éviter de réduire notre empathie au ressenti de l'autre, et d'y ajouter la composante de penser l'autre.

L'empathie peut aussi être exploitée à votre détriment car c'est une source inépuisable d'informations pour toutes les personnes malveillantes. Que se passerait-il si une personne empathique avait simultanément un côté manipulateur, un trouble psychique, voire des intentions criminelles ? Elle pourrait alors utiliser leur empathie pour obtenir des informations sur la vie intime, les faiblesses, les peurs et les aspirations des autres, et ainsi les manipuler plus facilement. L'empathie est comme toute chose, utilisée avec des intentions malhonnêtes ou égoïstes, elle peut être l'instrument de comportements répréhensibles voire d'actes dangereux.


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5. Les hypersensibles sont critiques.

Nous savons que les hypersensibles sont des penseurs profonds et ont cette capacité à traiter l'information de manière moins linéaire… ils analysent donc tout. En plus d'être épuisant, le côté obscur de trop réfléchir peut être la critique et ce… non seulement envers les autres mais aussi envers eux-mêmes, peut-être même plus envers eux-mêmes. Quoiqu’il en soit, ce n'est ni intentionnel ni par sentiment de supériorité.

Les hypersensibles sont tellement en phase avec leurs pensées et leurs sentiments qu'ils réfléchissent constamment aux différentes idées ou opinions qu'ils expriment… Lorsque ces opinions sont adressées à quelqu'un d'autre, cela peut parfois ressembler à une critique. Adressée à eux-mêmes, ils tombent dans un trou de lapin et ruminent sur leurs décisions, sur leurs actions, passant en boucles des souvenirs dans leur tête et réfléchissant encore et encore sur le passé. Cela peut conduire à l'autocritique, aux regrets, à des discours négatifs et accusateurs et même à des ressentiments envers eux-mêmes.


6. “Vantage Sensitivity”: alliée ou ennemie?

Une des caractéristiques de l’hypersensibilité est la "Sensibilité d'Avantage" ou "la Susceptibilité Différentielle".

En prenant pour base de départ diverses études sur l'hypersensibilité, environ 47% de la variabilité dans la haute sensibilité serait expliquée par la génétique (pas un seul gène, mais une combinaison de gènes). Il y a donc une part environnementale (environ 50%) dans le développement de la sensibilité élevée.

La sensibilité à l’environnement a été largement documentée dans la littérature sur le tempérament de l’enfant et procurerait certains avantages évolutifs, ce qui attesterait que si les hypersensibles sont dès leur enfance dans un environnement équilibré, bienveillant et attentionné, ils seront influencés plus positivement que les autres. Malheureusement ceci est aussi valable dans des conditions opposées. Un environnement négatif les affecte également plus négativement que les moins sensibles.

“Vantage Sensitivity” est le terme de cette variabilité environnementale qui signifie donc une sensibilité accrue à l'environnement et un impact environnemental plus intense, bon ou mauvais. En soi, “Vantage Sensitivity” renferme plein d’espoir si on ne se laisse pas définir par des conditionnements négatifs, et ne les perpétuons pas tout au long de notre vie..

Car le piège est de focaliser sur le côté négatif et de rester ancré dans la fatalité. Ignorer que nous sommes les acteurs de notre vie et que nous pouvons en changer la destinée au lieu de la subir. Cela peut mener au désespoir, à des comportements autodestructeurs, à la dépression ou pire. Alors connaître l’effet important de la “Vantage Sensitivity” dans notre trait, et agir en conséquence, est un atout incontestable pour que les hypersensibles trouvent leur voie de guérison en faisant la démarche de changer leur environnement.

Donc ne mettez pas le focus sur votre biographie initialement traumatisante, prenez votre destin en main!


7. Les hypersensibles peuvent rencontrer des difficultés à fixer des limites.

N'importe quel psychologue vous le dira, tracer une ligne entre ce qui nous met à l'aise ou non, est la clé de toute relation saine, que ce soit dans nos amitiés ou avec notre partenaire. Mais les hypersensibles ont souvent du mal à établir et à maintenir des limites, car ils sont altruistes et compatissants. Parfois, ils vont trop loin à leur détriment, juste pour maintenir la paix. Il ne leur est pas facile de rappeler à l'ordre les gens lorsqu’ils franchissent cette ligne si poreuse et bien souvent inexistante. Comme les hypersensibles évitent la confrontation à tout prix, ils choisissent souvent de balayer sous le tapis le comportement des autres. Cela peut devenir très malsain, aller jusqu'à être exploité voire abusé. C'est pourquoi les hypersensibles se retrouvent souvent en relation avec des personnes antagonistes qui vont nourrir leur comportement narcissique auprès d'eux. Et si ces situations perdurent, elles finiront par évoluer vers des problèmes bien plus importants.


8. Les hypersensibles et les narcissiques: un tandem d’enfer

Les personnes hypersensibles ont tendance à attirer des personnes narcissiques, car leur empathie naturelle est une source intarissable pour elles. Elles s’en nourrissent et en abusent avec un seul but: détruire l’hypersensible.

Alors pourquoi ce tandem d’enfer semble être non seulement incontournable mais aussi répétitif pour les hypersensibles? Il y a plusieurs schémas qui peuvent être les détonateurs de cette attirance fatale. Une des explications est que les hypersensibles ont souvent le “syndrome du sauveur” qui leur fait croire qu'ils vont pouvoir guérir ou changer les autres, grâce à leur amour, leur compassion et leur dévouement. Une deuxième explication est la problématique de leurs limites personnelles qui sont souvent poreuses ou non-définies par eux-mêmes. Pour les narcissiques qui sont de grands manipulateurs, les hypersensibles sont un terrain formidable pour leurs jeux cyniques et pervers. Lorsque l’hypersensible abandonne l’espoir de sauver le narcissique, les dégâts sont déjà désastreux, car il ne faut pas perdre de vue que le tandem, comme indique le nom, est conduit par deux personnes, l’hypersensible et le narcissique. Ne me sautez pas à la gorge, c’est mathématique! La relation se danse à deux, elle se nourrit à deux, elle se perpétue à deux, si une décision ne survient pas d’un côté ou d’un autre. Alors pourquoi? Et ici je parle de relations de couple ou d'amitié, en aucun cas d’un enfant élevé par un parent narcissique qui n’a rien fait pour cela et est une vraie victime.

Donc, ceci étant clairement défini, pourquoi une personne hypersensible attirerait plus que d’autres des narcissiques? Peut-être pour franchir une étape cruciale : construire un Moi plus mature, plus autonome, et définir des limites personnelles saines et solides. Peut-être aussi pour s'entraîner à dire “non” et développer une meilleure capacité de lecture et de compréhension de leur propre monde émotionnel? C’est une hypothèse, car derrière le syndrome du sauveur se cache souvent aussi une certaine immaturité, voire de la défiance ou même de l’arrogance. Et ceci n’est pas un jugement! C’est une constatation après avoir été maintes fois dans des relations malsaines ou ces sentiments étaient sous-jacents, sans que je les reconnaisse. Je n’avais pas la maturité émotionnelle nécessaire, mais je m'en rends compte aujourd’hui, j'avais cette conviction que JE pouvais faire la différence… ce qui n’est pas toujours exempt de narcissisme, soyons honnête ! Pas en termes de trouble du narcissisme au sens pathologique bien sûr, mais comme une tendance que nous avons tous en nous, à une plus ou moins grande échelle. («Je sais mieux ce dont cette personne a besoin, si quelqu’un peut la changer/guérir/sauver, c’est moi, donc je vais le faire sans même qu’elle s’en aperçoive!.») Cela résonne en vous?


Alors quel est le motif derrière tout cela? S'acheter une place au paradis ? Recevoir toute la reconnaissance des autres, les palmes du mérite et les applaudissements de l'entourage ? Mais alors, quand l'échec est cuisant? Quelle tactique va-t-on utiliser? La manipulation, le chantage peut-être même, ou la culpabilisation? Ou bien encore on sombrera dans la victimisation! Une chose est sûre, en continuant de nier notre rôle dans cette danse infernale, nous n'avons aucune chance d'évoluer au niveau du développement personnel, de prendre nos responsabilités, et d’enfin mûrir émotionnellement pour gagner plus de souveraineté personnelle.


Certes, il ne faut pas négliger, et surtout prendre en considération, que ce focus exacerbé sur les autres peut aussi cacher un traumatisme. Un traumatisme qui a affaibli le Moi, l’a complètement endommagé et qui est quasiment inexistant. Vous me direz que cela ressemble étrangement à la description du narcissisme pathologique, et certes le rapprochement est tentant et la réflexion pertinente. Car le narcissisme pathologique n’est-il pas tout autant d’origine traumatique? Oui, dans la majorité des cas. Mais n’oublions pas que le tango de l’empathie hypersensible et du narcissisme se danse à deux, s’alimente réciproquement et se soutient grâce à l’autre, si aucune décision n’est prise par l’un des antagonistes. Or dans la majorité des cas, la personne narcissique n’est pas celle qui prendra la décision de la rupture, comme on pourrait l’imaginer. Les narcissiques, à cause de leur sens effroyable de supériorité, passent à travers un dénouement qui va leur porter préjudice et va se transformer en une bombe à retardement. Le but des narcissiques est de rendre la vie de l’autre de plus en plus insupportable, et effectivement, elle le devient. Elle le devient jusqu’au jour ou l’autre va “éclater”, par désespoir ou comme ultime recours pour sa propre survie, et c’est seulement à ce moment-là que l’hypersensible fera enfin ses premiers pas vers la maturité qu’il/elle ne peut plus éviter. C’est à ce moment-là que viendra la réalisation, aussi douloureuse que cela puisse être, qu’il est temps de définir son propre Moi, et d'établir des limites personnelles claires, saines et solides. Souvent malheureusement, c’est à travers des relations difficiles ou des situations insupportables que nous gagnons en maturité, entamons le chemin de la guérison intérieure et avançons…car c'est l‘unique alternative et la seule voie de survie.


La dynamique hypersensible-narcissique est difficile à naviguer et à gérer, mais en prenant certaines mesures pour vous protéger et reconnaître quand il est temps de vous désengager, vous pouvez vous défendre de tout préjudice potentiel. Une fois le spectacle terminé, examinez longuement les parties que vous apportiez également à la table dans cette relation toxique, et approfondissez-les pour les guérir afin de ne pas retomber dans un autre cycle toxique avec quelqu'un d'autre.

Cherchez les démons en vous et les parties ensevelies de votre Moi, et vous deviendrez immune à ce type de personnes.


Les conseils clés que vous devez garder à l'esprit sont : fixez des limites, faites attention aux”red flags”, rappelez-vous que les soins personnels doivent toujours être une priorité et examinez attentivement votre propre contribution dans la relation, guérissez cette partie… et vous devriez devenir immunisé contre toute relation toxique, du moins dans votre vie personnelle !


Avant de conclure, je voudrais faire une petite parenthèse sur un gros détail qui me paraît important à mentionner: Attention à l'utilisation du mot “narcissique”! Aujourd’hui dès qu’une personne a un malentendu ou un conflit avec quelqu’un, l'artillerie lourde est sortie, et tout le monde commence à bombarder de narcissique son ex, sa belle-mère, le voisin, le prof de basket ou qui sais-je encore… la liste est infinie! Alors je vous l’accorde, nous vivons dans une société narcissique, mais la Terre entière n’est pas peuplée de narcissiques… ou alors, je tire ma révérence et pars habiter ailleurs!

Pour fermer la parenthèse, rendre un diagnostic psychologique sur ceux qui nous ont déçus, critiqués, quittés ou même heurtés, afin de les diffamer, est devenu très à la mode. Le mot “narcissique” est colporté à tort et à travers pour rejeter sur l’autre les responsabilités de nos échecs relationnels. Soyez prudent avant d’affubler autrui du label “narcissique”, et prenez un peu de recul pour regarder de plus près vos propres penchants et comportements narcissiques….nous en avons tous à plus ou moins grande échelle.

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9. Les hypersensibles peuvent être gênés ou avoir honte de leur sensibilité.

Les remarques courantes que vous entendrez de la part des hypersensibles vont dans le sens de : Je n'appartiens pas à ce monde. Personne ne me comprend. Je ne comprends pas pourquoi les gens ne voient pas et ne ressentent pas les mêmes choses que moi. Il doit y avoir quelque chose d'anormal ou qui ne va pas chez moi, peut-être même une pathologie.

Vous avez dû entendre ces commentaires plusieurs fois, si vous connaissez un ultrasensible. Et ce n'est pas surestimé… croyez-moi! C'est vraiment ce que nous ressentons profondément, et ces questions ou déclarations ne pourraient pas être plus précises et récurrentes, et intimement liées à tous les hypersensibles.

Ils peuvent donc vraiment lutter contre leur caractère très sensible et se sentir comme des extra-terrestres ou des êtres bizarres… voire parfois fous. Et c'est certainement parce qu'ils ont été constamment critiqués, moqués et ridiculisés. Leurs sentiments ont peut-être trop souvent été ignorés, leur santé mentale même remise en question. Ainsi, lorsque vous avez été étiqueté négativement la majeure partie de votre vie, comme si votre sensibilité était un défaut de caractère, et même un handicap pour naviguer dans la vie, eh bien… pas étonnant que les hypersensibles ne se sentent pas en sécurité, voient leur sensibilité comme une faiblesse et que tout cela ait un impact énorme sur leur estime de soi.

10. “Excusez-moi mais je suis hypersensible” ou quand la mentalité de victime se transforme en excuses.

Être très sensible est devenu au fil des ans une nouvelle tendance et une autre étiquette à la mode, à porter.

Même si je peux parfaitement comprendre le sentiment d'être enfin validé quand Elaine Aron a défini en 1990 ce nouveau champ de la psychologie qu'est l'hypersensibilité, aujourd’hui on voit que ce trait est en train de devenir une autre étiquette à la mode, un trait de personnalité qui nous rend "spécial". Ne vous méprenez pas, c'est un beau trait, mais se proroger le droit et le devoir d'être traité avec des gants de velours peut aller jusqu'à une attitude passive-agressive. Et revoilà un vrai danger pour notre communauté et pour chacun de nous en particulier !

Comme expliquée et définie par Elaine Aron, l'hypersensibilité est un trait sensoriel et non comportemental. Donc, partant de cette définition qui ne relève pas d'un trouble de la personnalité, nos comportements relèvent vraiment de nos propres décisions individuelles et ne sont pas prédéterminés.

Si l'hypersensibilité était encadrée dans les troubles de la personnalité, on pourrait s'attendre à ce que toutes les personnes hypersensibles aient des réactions similaires dans des situations similaires, mais je répète : l'hypersensibilité n'est pas une maladie, c'est un trait inné.

Ainsi, lorsque quelqu'un met en avant son hypersensibilité de manière trop ostentatoire ou opportuniste, il peut s'agir dans certains cas d'une tactique de manipulation pour amener les autres à s'adapter à ses propres besoins, ce qui n'est pas juste. Bien sûr, nous pouvons informer nos amis les plus proches et les membres de notre famille que l'hypersensibilité s'accompagne de difficultés, mais les pousser à nous traiter avec des gants de velours, à profiter des autres en leur demandant de ne pas trop nous en demander, ou de changer leur comportements pour notre propre bien… il y a une ligne très mince entre prendre conscience de l’accablement et la surstimulation que nous pouvons ressentir parfois, et devenir une personne égocentrique, manipulatrice ou même narcissique.

Essayez donc de contrôler ces tendances si vous reconnaissez certains de ces comportements en vous-même ou chez un hypersensible dans votre vie.

Développer un panel d'excuses ou assumer un rôle de victime peut être le chemin que vous emprunterez, surtout lorsque vous découvrirez que tout ce que vous ressentez a un nom : l'hypersensibilité. Je pense que nous sommes tous tombés dans cette attitude confortable à un moment donné, surtout après des années sans comprendre pourquoi nous étions différents et sans sentiment d'appartenance. C'est normal et très humain, mais vous devriez vous reprendre, au lieu de jouer la victime ou la carte de supériorité comme nous en avons parlé plus tôt.

Tricoter un réseau d'auto-excuses ne vous aidera pas à long terme. Cela peut être un soulagement au début parce que vous pouvez enfin baisser votre garde, après avoir tant combattu. Mais si les gens commencent à s'adapter à vous, vous finirez à ne rien attendre de moins, et vous n’effectuerez jamais le travail pour surmonter vos difficultés. Autre conséquence… les personnes qui vous entourent pourraient aussi vous abandonner et vous faire entendre ce que vous avez peut-être été bombardé trop de fois : VOUS ÊTES TROP…! Mais cette fois-ci, ils auront peut-être toutes les meilleures raisons de le faire !

Que trouverez-vous donc au bout de ce chemin d'abdication ? L’isolement! Cette fois-ci vous ne pourrez vous en prendre qu'à vous-même. Alors l'estime de soi en prendra un coup et vous reviendrez à la case départ : “Le monde est trop cruel pour moi. Personne ne me comprend !” Cela vous semble trop familier? Alors, n'allons pas dans cette direction. Les hypersensibles ont trop à offrir s'ils apprennent à développer leur propre souveraineté !


11. Les hypersensibles sont souvent incompris par leur entourage

Dans le monde des hypersensibles il y a aussi beaucoup de place pour les malentendus. Lorsque les personnes très sensibles ont une réaction émotionnelle extrême au stress, se retirent complètement ou se mettent en colère pour un rien, ceux qui les entourent peuvent le prendre personnellement, s'ils ne sont pas conscients de leur trait. D'autres peuvent penser que la personne hypersensible exagère, est dramatique et réagit de manière excessive sur des détails futiles. De loin, cela pourrait vraiment ressembler à cela, même si ces réactions sont tout à fait naturelles pour celui qui traverse une accumulation temporaire de stimuli sensoriels encore non traités. Mais, lorsque cette accumulation aura atteint son seuil limite, le moindre stress peut alors déclencher une réaction qui paraîtra hors de proportion et difficilement compréhensible par les autres. La surstimulation conduit souvent à l'irritabilité, à la colère, à l'explosion ou à un arrêt total. Ceux qui ne comprennent pas leur propre sensibilité ou ne l'expliquent pas aux personnes qui les entourent, risquent de déclencher de nombreux malentendus - en privé, en couple et au travail.

Pour éviter ce genre de situation, faites prendre conscience de votre trait aux personnes les plus proches de votre vie, mais ne tombez pas dans la victimisation… vous pourriez les repousser davantage, si elles ressentent l'impression qu'elles doivent marcher sur des œufs avec vous.


12. Le danger des ressentiment refoulés

Les hypersensibles vivent plus souvent que les autres des situations blessantes, offensantes, voire humiliantes. La première raison est à nouveau la problématique de ne pas savoir fixer nos limites ou d’en avoir, tout simplement. Alors plus souvent, celles-ci sont transgressées d’une manière abusive et parfois même brutale. Parce que les hypersensibles sont en général de nature confiante et bienveillante, ils peuvent être victime aussi d’un petit escroc intellectuel qui n'hésitera pas à s'approprier une idée, un projet créatif, et à s'en attribuer le mérite. Je ne peux pas lister des exemples, sans évoquer bien sûr, la myriade d’abus auxquels nous seront exposés de la part des narcissiques ou autres vampires énergétiques qui, trop souvent, peuplent notre parcours.

Alors tout le monde subit des blessures émotionnelles, c’est inévitable, mais chez les hypersensibles, ces blessures saignent longtemps. Le temps de cicatrisation est bien plus douloureux à cause de leur hypersensibilité. Ces expériences fâcheuses, si elles ne sont pas gérées, peuvent vite dégénérer en dégoût de soi, en sentiments d'impuissance, en perte de confiance, et en ressentiment. L'expérience négative se transforme en traumatisme ou en dépression au lieu d'être transmutée en leçon apprise et d’en tirer les conséquences positives.

Sans cette alchimie intérieure, les implications à long terme peuvent être lourdes. Les ressentiments peuvent s’accumuler et se transformer en préjugé, en besoin de vengeance, voire en actes de violence. Les hypersensibles ne sont pas immunes à ce type de comportement malgré leur sensibilité élevée. Il suffit parfois d’une goutte en trop pour que tout se transforme en raz de marée dévastateur, soit envers soi-même soit envers les autres.

La seule alternative est de prendre conscience de nos émotions exilées et refoulées, et que nous pouvons parfois même projeter sur les autres. Ensuite viendra la phase d’acceptation puis d'intégration dans notre sphère de conscience. C’est le fameux «travail de l'ombre» dont vous avez certainement entendu l’expression auparavant. C’est un processus difficile et douloureux, mais révélateur et passage obligé pour la guérison de notre Moi intérieur.


13. Les hypersensibles peuvent être vraiment d’une humeur massacrante ou facilement changeante

Donc, comme je l'ai dit plus tôt, les hypersensibles ont cette capacité spéciale à ressentir des émotions à un niveau plus profond que la plupart des autres. Alors qu'une personne moins sensible pourrait ne pas s’extasier à la vue d'un arbre majestueux, par exemple, un hypersensible pourrait être impressionné par sa grandeur, ses couleurs flamboyantes en automne et y voir même le symbole de la résilience et de la sagesse. C'est sur le spectre positif de leurs émotions. Mais tout comme les ultras sensibles ressentent des émotions positives profondes, ils ressentent également les plus sombres, de la même manière… beaucoup plus profondément.

Ainsi, ils peuvent, en un clin d'œil, passer de la joie et du bonheur à la tristesse, l'anxiété, la détresse ou l'irritabilité, malgré ce qu'ils ressentaient quelques instants auparavant.

Lorsque votre système nerveux est toujours à haut volume, et à une échelle beaucoup plus grande aussi, bien sûr, il peut être un peu difficile de s'adapter à un état émotionnel plus modéré… Nous avons beaucoup plus d'octaves que d'autres avec lesquelles jouer ! Alors oui, nous sommes des gens aigus… pas de demi-ton chez nous !


En conclusion

La liste des inconvénients et des côtés sombres des personnes hypersensibles que je viens de partager avec vous, est vraiment destinée à vous aider à vous sentir validé et à comprendre le côté obscur de notre haute sensibilité.

Donc, malgré les défis énumérés ici, ne laissez pas ces luttes vous décourager ! Être un hypersensible est tout sauf un défaut. Les hypersensibles sont les personnes les plus perspicaces, créatives, empathiques, ouvertes d'esprit, réfléchies et bienveillantes que vous rencontrerez. Alors laissez vos qualités uniques être votre pouvoir et votre force et acceptez-les, mais travaillez également avec compassion sur les inconvénients et sur vos “ombres”.


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