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Paralysie décisionnelle des hypersensibles

Sandwich ou salade ? Vacances à la mer ou à la montagne ? Déménager à la campagne ou rester en ville ?

Dans la vie, nous sommes tous confrontés à des choix constants, et donc à prendre des décisions à chaque instant. Certaines sont majeures et d’autres insignifiantes, et sans grande répercussions. Certaines nécessitent un temps de réflexion prolongé, tandis que la majorité des autres sont quasi instantanées, mais ce n’est pas compter sur le cerveau en arborescence et la personnalité des hypersensibles. Pour les personnes plutôt indécises comme elles, tous les choix sont importants, et demandent réflexion. Elles ont souvent un mal fou à prendre des décisions, comme confrontées à une paralysie décisionnelle.


Cela peut paraître complètement paradoxal compte tenu de la profondeur de traitement exceptionnelle des hypersensibles. Pourquoi des penseurs profonds comme eux pourraient-ils se retrouver dans cet état fréquent d'indécision ?

maze - decision paralysis

Les hypersensibles ont une caractéristique particulière appelée profondeur de traitement. Cette particularité leur permet d'absorber plus d’informations de leur environnement que la majorité des gens. Ils les trient, les analysent et y réfléchissent, ce qui leur permet de réagir de manière plus approfondie. On pourrait donc imaginer que prendre une décision ne serait pour eux qu'une simple formalité. Mais ce n’est pas le cas.

C’est d’ailleurs un aspect de leur personnalité dont ceux qui les entourent se plaignent parfois. Cela peut être effectivement très frustrant d'avoir affaire à quelqu'un qui n'arrive tout simplement pas à se décider. Mais c’est aussi un trait, nommé par les psychologues « paralysie par analyse » que les hypersensibles redoutent eux-mêmes.


Voyons d’où vient souvent la paralysie décisionnelle :

Procrastination : Retards dans la prise de décision, souvent dus à une réflexion excessive et à la peur de faire le mauvais choix.

Réflexion excessive : réfléchir constamment aux options, ce qui entraîne une fatigue mentale et un manque de progrès.

Surcharge d'informations : Être submergé par un barrage de données, ce qui rend difficile le discernement des détails pertinents.

Indécision : Il est presque impossible de choisir une option, même dans des domaines apparemment simples.

Stress croissant : A mesure que la décision approche, le niveau d’anxiété et de stress augmente en raison de la pression croissante.

Peur du regret : une inquiétude intense à l'idée de faire des choix qui pourraient entraîner des regrets futurs.

Recherche de la perfection : rechercher la solution parfaite, ce qui entraîne un report sans fin des décisions.

Perte de concentration : Incapacité de se concentrer sur d’autres tâches ou responsabilités alors que la décision n’est pas résolue.

Deuxième supposition : douter des décisions déjà prises, conduisant à une confusion supplémentaire.

Diminution de la confiance en soi : La lutte continue pour faire des choix peut éroder la confiance en soi et l'estime de soi.


Même si certaines de ces raisons peuvent être vraies dans une certaine mesure pour les personnes très sensibles, nous savons que pour elles, cela peut être un peu différent, alors qu'en est-il d'elles ?



Alors d'où vient ce problème décisionnel?

Lorsque nous sommes en alignement avec nous-mêmes, nos pensées et nos actions sont comme le yin et le yang, fusionnelles complémentaires et en parfaite harmonie. Mais lorsque le flux entre notre pensée et nos actions est déséquilibré ou interrompu, nous sombrons dans le yin… la réflexion, et il n’y a plus de place pour le yang… la décision.


Comment est-il possible que des personnes disposant de ressources décisionnelles exceptionnelles aient autant de mal à les utiliser ?


1. La majorité des hypersensibles veulent plaire aux autres.

Les hypersensibles préfèrent souvent suivre le courant. Aller au cinéma ou faire une balade dans un parc ? Ce n’est pas essentiel d’en débattre ou d’argumenter, le principal est d'être ensemble, non pas l'activité en soi. De plus, comme ils n’aiment pas les conflits, ils évitent de contrarier les autres, surtout s’il s’agit d’un choix à faire comme organiser une activité ou le repas du soir. Pour eux, leur choix (et là, ils en font toujours un, bien souvent à leur détriment), sera toujours de donner priorité au bien-être de ceux qui les entourent, et donc à l’harmonie. Qu’ils mangent des petits pois ou des haricots verts, ce n’est pas important aussi longtemps que tout le monde est content avec la décision. Comme je le mentionnais, cette attitude de plaire, coûte que coûte, les exclut trop souvent de l'équation, mais ils ne peuvent le reprocher à personne car c’est leur choix. Aussi ironique que cela soit, sur ce point-là, ils ne tergiversent pas.


2. L’opinion des autres compte pour prendre la leur.

Cela rejoint plus ou moins l’argument précédent avec cette petite différence, que dans ce cas-ci, un hypersensible veut vraiment connaître l’avis des autres car cela pourrait l’éclairer davantage pour prendre sa décision. Peut-être a-t-il omis un point important en pesant le pour et le contre des arguments dans la prise de décision ? Peut-être est-il subjectif ? Peut-être est-il trop impliqué et a perdu de vue certains aspects ?

Les hypersensibles sollicitent donc l’opinion de toutes les personnes autour d’eux, avant de déterminer la leur, pour être sûrs d’avoir toutes les données en main. Parents, famille, amis et même la voisine seront tous conviés à donner leur avis pour les aider dans leurs choix pour prendre une décision plus éclairée.


3. Une peur de l'échec sous-jacente.

Terrifiés à l’idée de prendre la mauvaise décision, les hypersensibles qui sont des perfectionnistes par nature, ont besoin de réfléchir longuement et sérieusement. Cela n’est pas pour déplaire à leur pensée en arborescence qui se délectera d’imaginer toutes les hypothèses, même celles qui n’ont rien avoir avec le sujet !


Bien sûr, il n’y a rien de mal à envisager tous les scénarios et à être prévoyant, sauf si cela ne nous paralyse pas complètement. A force d’analyser toutes les possibilités, le choix de la décision peut devenir très compliqué. Et quand le fameux “et si” prend le relais, le cerveau est en total inertie, incapable de s’arrêter sur une décision finale. Tout cela pourrait être la conséquence d’une inquiétude excessive et de la peur de l'échec.

Les hypersensibles ont très peur de regretter leur décision, et donc d'être dans une situation d'échec. Ils sont aussi tellement conscients des subtilités et des détails d’une prise de décision qu’ils la redoutent, et la compliquent parfois exagérément. L’ensemble du processus peut donc devenir particulièrement difficile pour eux.


4. Quand le perfectionnisme prend des accents de terrorisme

Les personnes très sensibles sont souvent aux prises avec un perfectionnisme qui peut prendre des allures de terroriste dans leur vie. Certaines personnes préfèrent dire que les hypersensibles sont super performants (et ils le sont), mais c’est parfois une façon d’éviter de donner un aspect négatif au mot perfectionnisme. Oui, les HSP sont extrêmement consciencieux et soucieux du détail, mais derrière cela, il y a aussi une profonde peur de la critique et de l’échec. Ils ont tendance à croire que s’ils ne font pas tout à la perfection, l’échec en résultera. Ils analysent donc en profondeur toutes les possibilités pour éviter de se sentir coupables si quelque chose ne va pas. Mais à vouloir que tout soit parfait, cela peut parfois les bloquer. Qui dit perfectionnisme dit planifier à l'avance pour que les choses se déroulent sans accroc. Un problème cependant : la vie est imprévisible. Elle vous lance des boules courbes lorsque vous vous y attendez le moins, et vous ne pouvez rien faire, peu importe la façon dont vous planifiez à l’avance.


C’est beaucoup de pression, car la perfection est une attente irréaliste. Les hypersensibles s'exposent forcément à être déçus, car la perfection ne peut jamais être atteinte. Essayer de poursuivre la perfection constamment est absolument épuisant, et aussi une sacrée perte de temps.

La perfection et la prise de décision se nourrissent mutuellement, elles vont de pair l’une avec l’autre. La seule façon d’éviter l’échec étant de prendre la meilleure décision en premier lieu, alors voilà… une autre raison qui les amène à trop réfléchir et peser toutes les possibilités, et donc de retarder leur prise de décision.


5. Pression ? Pas pour les hypersensibles !

C’est une CHOSE claire. Les hypersensibles ne gèrent pas très bien ni les délais ni toute autre forme de pression. C'est un de leur combat quotidien ! Devoir jongler avec plusieurs tâches en un minimum de temps est assez contraignant pour ces perfectionnistes. Ils préfèrent prendre leur temps dans leurs projets et leurs décisions et y consacrer toute leur attention. Or prendre une décision est sous une certaine forme être mis sous pression. Voici donc un autre trait des hypersensibles qui les empêche de prendre des décisions rapides.


6. Ils sont sans aucun doute des maîtres en critique… l'autocritique !

Malheureusement, les hypersensibles sont leurs pires critiques.

En général, une personne très sensible place la barre très haut dans ses objectifs de vie. Il faut se rappeler que personne n’est plus dur avec soi-même qu’une personne sensible. Et il est vrai que cela peut paraître paradoxal, car généralement, autant la personne hypersensible se montre bienveillante avec son entourage, autant elle sera excessivement dure et critique envers elle-même.

Les hypersensibles ont donc du mal à gérer leurs propres échecs. Ils se reprochent tout le temps leurs erreurs, leurs réactions et donc, dans le même ordre d'idées, leurs choix et décisions. Cela peut vraiment compliquer les choses lorsqu’ils ont une décision à prendre, surtout si le même genre de situation a conduit à un échec auparavant. Ils vont donc ruminer très longtemps et évaluer tous les scénarios, en accentuant leurs pensées sur les éventuelles catastrophes et possibles échecs. Difficile de prendre une décision avec cet état d’esprit !


7. Le poids du “traumatisme décisionnel”

Dr Elaine Aron explique la réaction de nombreux hypersensibles face à la prise de décision, qu’elle appelle le “traumatisme décisionnel”, d’une manière particulièrement intéressante :

“Les personnes sensibles s’efforcent tellement de prendre la bonne décision que l’ensemble du processus, surtout s’il est regretté par la suite, peut devenir quelque chose qu’ils redoutent.”


Il est vrai que cela peut paraître invraisemblable qu’en ayant à notre disposition des ressources décisionnelles si riches, nous rencontrions des difficultés à les utiliser.

D'où vient cette paralysie ? Un moyen de le savoir est de nous asseoir avec notre passé pour chercher quand, comment et pourquoi notre “traumatisme décisionnel" a pris naissance.

Alors sortons de nos placards nos souvenirs poussiéreux, regardons ce qui s’est passé quelque part au long de notre historique de prise de décision.


Comme nous l’avons vu, un des traits des hypersensibles est leur capacité d’analyser les informations, et leur besoin de prendre du temps pour peser le pour et le contre avant d’agir. Malheureusement, ce temps de pause n’est pas toujours disponible pour des raisons diverses : soit que la décision doit être prise sur-le-champ, soit que le processus de réflexion est interrompu ou compromis par des facteurs extérieurs.

Essayez d’identifier si vous avez été confronté à un ou plusieurs des quatre scénarios de prise de décision compromise :

  1. Dans une situation complètement indépendante de votre volonté, vous avez été poussé (par des personnes ou des circonstances) à sauter l'étape si importante pour vous de faire une pause et d’analyser, et les conséquences ont été particulièrement négatives ou vous ont conduit à l'échec.

  2. Vous avez eu suffisamment de temps pour faire une pause, mais pas assez de temps pour réfléchir à vos observations. Vous deviez prendre votre décision sur-le-champ, tout en sachant que vous la preniez sans mûre réflexion, et votre décision précipitée ne vous a pas contenté par la suite.

  3. Vous avez eu suffisamment de temps pour faire une pause et réfléchir, cependant vous avez ignoré ou rejeté votre intuition qui vous envoyait des messages complètement opposés. Résultat : vous avez essuyé un échec.

  4. Vous aviez une décision à prendre qui impliquait une autre personne, et parce que vous n’avez pas formulé que vous aviez besoin de temps, l’autre personne s’est impatientée, a pris la décision à votre place, et le résultat n’a pas répondu à votre attente.

  5. Pour faire plaisir à quelqu'un ou à un groupe de personnes, ou par obligation, vous avez accepté une décision commune sachant pertinemment qu’elle conduirait à un échec, et cela s’est effectivement produit.


Si vous avez fait l'expérience d’un ou plusieurs de ces scénarios, quelles convictions avez-vous développées par la suite ? Prenez quelques instants et réfléchissez-y.


Quelle que soit l’origine de vos difficultés à prendre des décisions, il est important de comprendre à quel point vos réponses conditionnées peuvent générer un stress. Un stress qui peut éventuellement vous figer, et vous tenir en otage pour prendre une décision.


Mais, chers hypersensibles, c’est votre façon de fonctionner qui vous a conduit à être comme un “cerf dans les phares”, votre bel esprit peut vous en sortir aussi. La solution est de reconnaître le type de pensée qui vous retient captif.

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Bien souvent, ce qui vous tient prisonnier, c’est votre tendance à la rumination, laissant votre cerveau comme paralysé. Comme nous l’avons vu, lorsque vous avez un choix à faire, vous avez tendance à réfléchir profondément à chaque option, dans tous ses détails. Vous pesez le pour et le contre, dans les moindres aspects. Vous avez donc tendance à penser (trop), et surtout à ruminer, sans pouvoir agir. Ce qui vous restreint et vous handicape, c’est le doute.

Pour pouvoir taire la rumination, vous devrez avant tout faire face au traumatisme qui vous a amené, en premier lieu, à devenir vigilant, à être dans le doute, l'hésitation et même la peur. Cela nécessite un haut niveau de volonté, de propre responsabilité et d’intentionnalité, mais vous pouvez le faire.

Laissez aussi votre spontanéité être la source de vos décisions. Laissez-vous porter par vos émotions afin de vous positionner. Elles vous guideront souvent de manière très juste… avec aussi le petit coup de pouce de votre grande intuition. Car votre intuition, amis sensibles, est très développée et n’oubliez pas qu’elle rassemble tout ce que vous avez appris, expérimenté, réfléchi, et bien plus encore. Faites-lui confiance !


Lorsque vous vivez en alignement avec vous-même et retrouvez l’harmonie magique du yin et du yang, vos pensées et vos actions, ainsi que vos réflexions et vos décisions, vous feront sortir de la paralysie décisionnelle. Ce n’est pas facile et demande beaucoup d’introspection, mais vous savez si bien le faire. Le monde a besoin de vous, pas seulement pour votre analyse profonde, il a besoin de vous aussi à travers vos actions.


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